Certificat 3.1 : que contient ce document et comment le lire ?

15/09/2025, par Jeremy

Un certificat 3.1 arrive avec la livraison, souvent en PDF, souvent en anglais, et il finit classé dans un dossier qualité sans que personne ne l’ait vraiment lu. C’est dommage, parce qu’un 3.1 mal contrôlé ne vaut pas mieux qu’un document absent : le jour où un contrôleur ou un client final le rouvre, les manques se voient. Voici ce que le document doit contenir, comment le parcourir en quelques minutes, et comment l’obtenir sans mauvaise surprise sur une commande de fixations.

Certificat 3.1, certificat matière, CCPU : de quoi parle-t-on ?

Ces trois expressions désignent en pratique le même document. « Certificat 3.1 » renvoie à sa désignation normative, « certificat matière » à son contenu, et « CCPU » — certificat de contrôle des produits par l’usine — à une terminologie française plus ancienne, encore très employée dans la métallurgie et la chaudronnerie.

Le principe est simple : le producteur du matériau déclare que les produits livrés sont conformes à la commande, et il joint les résultats des essais réalisés sur ces produits. Le document est validé par un représentant autorisé du producteur, indépendant du service de fabrication. Cette indépendance interne est ce qui distingue le 3.1 des documents de la série 2. Si vous vous demandez d’abord quel niveau de document exiger, la question se traite en amont : voir les quatre types de documents de contrôle de la norme EN 10204.

Pourquoi on parle encore de « 3.1b »

Vous rencontrerez régulièrement l’appellation 3.1b, notamment dans les cahiers des charges anciens ou recopiés d’une affaire à l’autre. Elle vient de la version 1991 de la norme, qui distinguait des sous-catégories 3.1A, 3.1B et 3.1C. Depuis 2004, ces déclinaisons n’existent plus et l’ancien 3.1B correspond au 3.1 actuel. Un fournisseur qui vous propose un « 3.1 » en réponse à une demande de « 3.1b » ne fait donc pas de substitution abusive.

Ce que contient un certificat 3.1

Le document est nominatif et rattaché à un lot précis. On y retrouve normalement :

Un document qui ne comporte ni numéro de coulée ni valeurs mesurées n’est pas un 3.1, quel que soit l’intitulé qui figure en en-tête.

Lire un certificat 3.1 ligne par ligne

Le numéro de coulée

C’est la clé de voûte du document, celle qui relie le papier à la matière. Il doit correspondre au marquage porté par les pièces ou par leur emballage. Sans cette correspondance, la traçabilité est rompue et le certificat ne prouve plus rien sur ce que vous avez en main.

La composition chimique

Comparez les teneurs mesurées aux fourchettes de la nuance commandée. Deux éléments méritent une attention particulière selon l’usage : le carbone équivalent si les pièces doivent être soudées, et le silicium si une galvanisation à chaud est prévue, parce qu’il conditionne l’épaisseur et l’aspect du revêtement.

Les caractéristiques mécaniques

Vérifiez que les valeurs relevées se situent bien dans les limites de la classe annoncée, et pas seulement qu’elles existent. Une valeur au ras du minimum n’est pas non conforme, mais elle mérite d’être notée si l’assemblage travaille près de ses limites.

La déclaration et la signature

La formule d’engagement doit être présente et le signataire identifiable. Un certificat non signé, ou signé par le service commercial, ne remplit pas la condition d’indépendance vis-à-vis de la fabrication.

Ce qu’il faut vérifier à réception

Contrôle rapide d’un certificat 3.1 à la réception
À vérifierLe point de contrôle
Correspondance du lotLe numéro de coulée du certificat se retrouve sur les pièces ou l’emballage
Désignation produitNuance, dimensions et classe identiques à la commande
Type de documentLa mention « EN 10204 3.1 » figure explicitement, pas seulement « certificat matière »
Valeurs mesuréesChimie et mécanique présentes et dans les limites de la nuance
SignatureReprésentant autorisé identifié, indépendant de la fabrication
QuantitésLe certificat couvre bien l’intégralité de la quantité livrée

Comment obtenir un certificat 3.1 sur une commande de fixations

La règle tient en une phrase : le 3.1 se demande avant la commande. Il suppose que le producteur identifie et suive le lot livré, ce qui ne se reconstitue pas après coup sur du stock banalisé, où des pièces de plusieurs coulées peuvent être mélangées dans le même bac.

Concrètement, indiquez sur votre demande de prix la mention du document exigé, avant même de comparer les offres. Trois conséquences à anticiper :

Si la commande est déjà partie sans mention du document, tout n’est pas perdu : lorsque la traçabilité du lot a été conservée par le fabricant, le certificat peut parfois être édité a posteriori. C’est une exception à traiter au cas par cas, pas une méthode de travail.

Les erreurs les plus fréquentes

Accepter un 2.2 en croyant recevoir un 3.1. Le 2.2 comporte des valeurs mesurées, ce qui donne le sentiment d’une preuve. Mais ces valeurs proviennent d’un contrôle non spécifique, donc pas nécessairement de votre livraison.

Classer le certificat sans le rapprocher des pièces. Un 3.1 archivé sans vérification de la coulée ne vaut que ce que vaut la confiance dans la chaîne logistique.

Demander le document à la livraison. C’est le cas le plus courant, et celui qui coûte le plus de temps à tout le monde.

Questions fréquentes sur le certificat 3.1

Le certificat 3.1 est-il obligatoire ?

Non. Il le devient uniquement si le cahier des charges, le marché ou une réglementation sectorielle l’imposent. En dehors de ces cas, c’est un choix d’exigence.

Le certificat 3.1 garantit-il la qualité du produit ?

Il atteste la conformité aux spécifications déclarées, sur la base d’essais réalisés par le producteur. Il ne remplace ni un contrôle à réception, ni une vérification de la mise en œuvre.

Un certificat 3.1 peut-il couvrir plusieurs références ?

Un certificat correspond à une coulée et à une fourniture données. Une commande multi-références donne normalement lieu à plusieurs certificats.

Quelle différence avec un certificat de conformité fournisseur ?

Un certificat de conformité émis par un distributeur atteste que la marchandise livrée correspond à la commande. Le 3.1 est émis par le producteur du matériau et comporte des résultats d’essais sur le lot. Les deux documents ne se substituent pas l’un à l’autre.

Combien de temps faut-il conserver un certificat 3.1 ?

La durée dépend du secteur et du contrat. Pour les ouvrages et équipements durables, l’usage est de le conserver au moins aussi longtemps que la responsabilité liée à l’ouvrage.

Besoin d’un 3.1 sur vos fixations ?

TFA stocke et distribue de la visserie et de la boulonnerie industrielles en acier inoxydable, aciers alliés, titane et polyamide. Nous travaillons avec des fabricants capables de fournir des documents de contrôle EN 10204, et nous nous chargeons d’obtenir et de vous transmettre le certificat correspondant à votre lot. Signalez-nous le niveau exigé dès la demande de prix : c’est ce qui détermine la coulée sur laquelle nous prélevons et le délai que nous pouvons vous annoncer.

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